Le pain et le vin

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INTRODUCTION

Ce troisième essai aborde l’étude du couple pain-vin dans sa dimension binaire. Il traitera de ce thème sur la base de l’apparition universelle du binaire dans la structure du réel, prenant, pour hypothèse, le couple pain-vin comme représentant symbolique universel de ce binaire récurrent. Il sera aussi question de ses applications et de ses implications existentielles. Ainsi, on proposera quelques «significations» possibles du couple eucharistique, fondées sur sa capacité de représentation de la réalité principalement socio-ecclésiale.

L’attention portée au couple trouve des échos en d’autres domaines. Ce n’est pas la première fois que le phénomène intéresse les chercheurs. La littérature comme l’exégèse ont souvent eu recours à cette approche, comme en témoigne Louis Dussaut[1]. Dans son livre, il s’emploie à pratiquer ce type d’analyse et l’applique précisément à une lecture de l’Eucharistie.

L’élément fondamental de sa méthode s’appelle «couple de totalité». La notion qu’il en a est très proche de celle utilisée dans cette collection d’essais:

La prodigieuse expressivité des couples de totalité – qu’attestent leur emploi si important dans la Bible et le choix par le Christ de leur symbolisme pour l’Eucharistie – s’explique, si l’on remarque que leurs deux pôles correspondent aux racines métaphysiques de l’être et du temps[2].

Une citation de A. Massart pourrait aussi résumer cette méthode et faire comprendre la perspective de son application au symbolisme du couple eucharistique pain-vin:

Ces deux éléments forment un tout significatif: «ce qu’il y a de commun à tous ces binômes, c’est que l’accent porte sur le complexe et non sur ses éléments, qui de soi ne fonctionnent que comme sigle du total exprimé» […] «La totalité est exprimée par l’opposition même des termes contrastés; la nature de ce tout est déterminée par (le sens des) termes opposés; et les limites qui circonscrivent ce tout sont fixées par le contexte»[3].

On abordera donc le couple eucharistique pain-vin avec l’idée d’y chercher un sens en tant que couple, une expressivité capable de renouveler la conception du chrétien. Sur ce dernier point, il faut dire que l’on rejoint encore Dussaut lorsqu’il espère que cette lecture du symbole aura un impact positif sur la «prédication du mystère de l’Eucharistie» et sur la «participation liturgique des fidèles à l’Eucharistie»[4].

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[1]. Louis Dussault, L’Eucharistie, pâques de toute la vie, note 1 du chapitre un, p. 311.
[2]. Ibid., p. 292.
[3]. Ibid., p. 17-18.
[4]. Ibid., p. 292.
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