Une personnalité rare!

En tant qu’héritiers d’un passé aussi riche, je trouve important que nous sachions que Paul Chomedey de Maisonneuve était un homme d’une rare envergure, avec des qualités qui faisaient de lui un gouverneur exceptionnel de la ville naissante. Dans Les illustrations canadiennes à la page 68, P. Dupuy parle ainsi de lui:

Et c’était bien réellement un présent que la Providence faisait à la compagnie de Montréal en lui donnant un homme si capable de réussir, dans les desseins qu’elle avait sur la compagnie par rapport à l’île de Montréal. En effet, Maisonneuve avait toutes les qualités nécessaires pour fonder l’œuvre qui tenait tant à cœur aux associés. À ce chef qui allait représenter la société dans ces pays lointains et assumer toute la responsabilité d’une entreprise si périlleuse, il fallait des qualités que l’on trouve rarement réunies dans un seul homme: la foi et le zèle de l’apôtre, la bravoure du soldat et la prudence du général, la sagesse et la prévoyance de l’administrateur, la science et l’intégrité du juge.

Une contemporaine, la mère Juchereau de l’Hôtel-Dieu de Québec, le décrit d’une manière non moins élogieuse:

M. de Maisonneuve, ce fidèle serviteur de Marie, à laquelle il s’était engagé par vœu, vécut à Montréal comme le père et le protecteur du peuple qu’il gouvernait, recevant chez lui tous ceux qui n’avaient point d’asile, et les aidant au-delà de ce qu’ils osaient attendre de lui.

Son désintéressement était si parfait qu’il ne s’est jamais approprié la moindre chose des présents considérables que les sauvages lui faisaient. Pendant près de vingt-quatre ans qu’il demeura dans le pays, il s’acquit l’estime de tout le monde dans les temps les plus fâcheux de la guerre des Iroquois, où il signala sa valeur et où sa bonne conduite le fit admirer, […]

Citée dans Les illustrations canadiennes, p. 204

L’illustration de son courage trouve écho dans cette célèbre phrase «[…] quand tous les arbres de cette isle se devraient changer en autant d’Iroquois, il est de mon honneur, et vous trouverez bon, que j’y monte pour y commencer une colonie.» Ces paroles furent prononcées par Maisonneuve, lors de son passage à Québec et à la suite de l’offre que lui fit Montmagny désireux de lui léguer l’île d’Orléans plutôt que l’île de Montréal. Montmagny qualifiait le projet de Montréal de pure folie.

Nous pourrions ici continuer à faire étalage de sa bravoure mais je m’arrête ici et je m’interroge: comment se fait-il que quelqu’un d’aussi important pour notre histoire soit aussi méconnu, sinon ignoré, de la plupart d’entre nous? Même en dehors des motifs d’évangélisation, d’un point de vue simplement humain, son œuvre est exceptionnelle. Je tente une réponse: nous avons de la difficulté à faire l’éloge d’une personne d’autorité. Tout récemment, la ministre québécoise responsable des aînés, Mme Marguerite Blais, affirmait à la radio (Radio-Canada, émission Desautels) à peu près en ces termes: «Au Québec, nous avons de la difficulté à reconnaître ce que quelqu’un fait de bien.»

Préjugé défavorable? Qu’en pensez-vous?

Patrick Trottier

 

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