Momentum… Jeanne Mance cofondatrice de Montréal

Bientôt, le 17 mai 2012, Jeanne Mance sera reconnue comme cofondatrice de Montréal. Cet hommage au passé n’est pas banal. C’est un héritage exceptionnel qui se déploie dans le temps, dans notre temps. Momentum? On peut le croire.

Dans son nouveau spectacle, Amaluna, le Cirque du soleil se penche sur la féminitude. «Si les femmes étaient au pouvoir, la terre serait en meilleur état!», déclare Guy Laliberté. «Mais, ajoute Diane Paulus, la chorégraphe, nous devions aussi avoir des hommes, le yin et le yang. Ne pas oublier l’énergie masculine.»
http://www.journaldemontreal.com/2012/04/11/amaluna-hommage-a-la-feminite

Les femmes au gouvernement? Qu’en pensent Jeanne Mance et Maisonneuve? Celui-ci, en tant que gouverneur de Ville-Marie, a certainement le mérite d’avoir laissé Jeanne Mance exercer son talent et son leadership dans le projet de Ville-Marie. Pour le plus grand bien de la ville! Cette collaboration étroite, efficace et faite de considération mutuelle, est inspiratrice pour tous ceux et celles qui cherchent une voie satisfaisante à la dynamique homme-femme.

L’affirmation de Guy Laliberté nous met sur une piste: les femmes n’auraient-elles pas des qualités particulières, en lien avec l’exercice du gouvernement? C’est certainement une question à l’ordre du jour.

Il n’est pas le seul à y réfléchir. Un philosophe assez connu en Europe, Frédéric Lenoir, confie dans un entretien avec une journaliste:

«Je suis convaincu que beaucoup de dysfonctionnements de nos sociétés sont directement reliés au déséquilibre entre le féminin et le masculin dans l’humanité.» (dans Dieu, éd. Robert Laffont, p. 23)

Equilibre, égalité, complémentarité? Qu’en pensez-vous?

La nomination de Jeanne Mance sera une belle occasion de se pencher sur ce qui animait ces deux pionniers, et qui sait d’ouvrir la voie quant à un meilleur type de collaboration entre homme et femme.

 

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7 Responses to Momentum… Jeanne Mance cofondatrice de Montréal

  1. Stéphane Mercier dit :

    Frédéric Lenoir a bien raison de parler de déséquilibre. Et ce déséquilibre est directement causé par une obsession d’égalité entre l’homme et la femme. La femme n’est pas et ne sera jamais l’égal de l’homme et vice versa.
    Dans Wikipédia, on retrouve la définition suivante de l’égalité: « relation entre deux choses ne présentant aucune différence de grandeur, de qualité ».

    La poursuite de l’égalité est un vil objectif, car c’est tenter de niveler par le bas. Prétendre que l’homme est l’égal de la femme (ou vice versa) c’est de vouloir donner à chacun des qualités qu’il n’aura jamais et aussi de priver chacun de responsabilités qu’il est le plus apte à assumer. A qui aura beaucoup reçu, beaucoup lui sera aussi demandé en retour.

    La femme possède des qualités qui lui sont propres dans l’exercice du gouvernement. Sauf que ce ne sont pas des qualités d’hommes! La femme doit chercher à diriger comme femme et non d’imiter les hommes. La femme n’est pas l’égal de l’homme, elle doit exploiter sa différence. Elle ne doit pas rechercher à entrer en compétition avec l’homme, elle doit être complémentaire en exploitant sa propre nature, ses capacités et ses forces. Doit-elle obligatoirement être au premier plan? A-t-elle une place au premier rang? Celui qui est en haut d’une échelle n’y sera certainement pas confortable si il n’y a personne à sa base pour la maintenir solidement en place…
    ne dit-on pas que : « Derrière chaque grand homme il y a une grande femme »

    Et si la femme est au premier plan, ce n’est surement pas en singeant l’homme qu’elle apportera sa complémentarité féminine au gouvernement. On dit que le pouvoir est un milieu d’homme! C’est faux! Il serait plus juste de dire que le pouvoir est occupé par des hommes et les femmes y ont aussi leur place si elles veulent bien s’y présenter en tant que femme et non en tant que travestie…

    • Josée Lacoursière dit :

      Egalité

      Les réserves que vous apportez quant au terme égalité sont certainement justifiées. C’est un terme qui fausse les pistes et qui engendre plutôt le conflit que la fécondité. Par contre, je vous suis moins dans la deuxième partie. Faut-il vraiment que la femme si grande soit-elle, soit « derrière » un grand homme ? Votre phrase laisse entendre que c’est à l’homme d’être au premier plan et à la femme de le soutenir. En êtes-vous bien certain?
      Je préfère le terme gouvernement plutôt que celui de pouvoir. Et le but est qu’il soit exercé au mieux. Mais vous en demandez beaucoup aux femmes, qui doivent en plus d’exercer « aussi » le gouvernement, doivent le faire sans imiter les hommes.
      Ne serait-il pas plus fécond que des hommes acceptent et soutiennent en profondeur le leadership féminin lorsqu’il se présente?
      L’exercice du gouvernement est toujours délicat, tant pour un homme que pour un femme. Mais il est toujours plus fécond quand son entourage collabore et offre son soutien d’une façon effective.

  2. Toi dit :

    M. Mercier,

    J’ai lu un peu plus tôt votre autre commentaire dans un autre blogue quant à une prière faite par Marilyn, jugeant qu’il y avait peut-être un peu de fiel dans celle-ci et où vous lui proposiez qqch de plus nuancé. Peut-être est-ce seulement une mauvaise perception de ma part mais est-ce qu’il n’y aurait pas aussi un peu de fiel dans votre commentaire ci-haut et où Mme Lacoursière vient apporter un certain baume?

    Vous dites: « Frédéric Lenoir a bien raison de parler de déséquilibre. Et ce déséquilibre est directement causé par une obsession d’égalité entre l’homme et la femme. » Cela m’intrigue! Est-ce que ce déséquilibre est vraiment directement causé par l’obsession d’égalité ou plutôt par un refus profond de complémentarité?

    Notre monde véhicule depuis longtemps une fausse idée que l’homme est la « sommet » à atteindre, comme s’il était plus complet en lui-même que la femme. C’est peut-être à cause de cela que la femme a cherché à le « singer »‘ afin de devenir plus « complète » elle aussi, elle qu’on appelle le « sexe faible ». Il est difficile pour chacun d’entre nous d’accepter ce que nous sommes et d’être ce que nous sommes et si, en plus, on nous laisse entendre qu’on ne peut être ce que nous sommes pour rendre le service qu’on doit rendre, et bien, on va chercher à être quelqu’un d’autre, non? Regardons simplement les publicités de nos jours qui nous incitent à devenir qqn (avec les voitures, les vêtements, les études, le maquillage et toute la mascarade…)

    Eh bien comme vous le suggériez ailleurs: « que l’Esprit de Dieu guide leurs actions » (nos actions) afin que nous sachions accepter en profondeur la complémentarité, qui est la vie même de Dieu. Nous sommes pétris de cette vie alors c’est donc possible, gardons espérance!

  3. Stéphane Mercier dit :

    Toi,
    L’obsession de l’égalité EST un refus de la complémentarité!
    De plus, j’aimerais bien savoir ce que vous considérez comme du « fiel » dans mon commentaire afin que je puisse vous éclairer…

    Mme Lacoursière,
    Vous dites que: « L’exercice du gouvernement est toujours délicat, tant pour un homme que pour un femme. Mais il est toujours plus fécond quand son entourage collabore et offre son soutien d’une façon effective. »

    C’est une autre façon de dire « Celui qui est en haut d’une échelle n’y sera certainement pas confortable si il n’y a personne à sa base pour la maintenir solidement en place… »

    Et à propos de : »Votre phrase laisse entendre que c’est à l’homme d’être au premier plan et à la femme de le soutenir. »
    Je ne laisse rien entendre, je pose tout simplement des questions….

    Paul Chomedey de Maisonneuve occupait le pouvoir et Jeanne Mance s’y est présenté en tant que femme… Tous les deux ont participé activement au gouvernement de Ville-Marie. Chacun selon ses capacités et en complémentarité.

  4. Éléonore dit :

    Je lisais aujourd’hui votre blogue et comme vous, je me réjouis de la reconnaissance de l’apport indéniable et spécifique de Jeanne Mance à la fondation de Montréal faite par les autorités de la ville. Je me demandais: quelle est la façon la plus exacte de parler de Jeanne Mance, dire qu’elle est fondatrice ou cofondatrice? Ou est-ce deux façons équivalentes?
    «Le Conseil municipal a reconnu à Jeanne Mance le titre de fondatrice de Montréal lors d’une séance extraordinaire. Elle partage désormais ce titre avec Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve.» ici.radio-canada.ca/nouvelle/562113/jeanne-mance-reconnue-fondatrice-montreal
    Nous avons donc deux fondateurs: un homme et une femme … ou deux cofondateurs. Mais je n’ai jamais entendu dire que M. de Maisonneuve était cofondateur de Ville-Marie!!!
    Merci pour vos blogues!

  5. Josée Lacoursière dit :

    Bonjour Eléonore,
    En fait il serait peut-être plus juste de dire que le véritable fondateur de Ville-Marie est Jérôme le Royer de la Dauversière, ce père de famille croyant et dédié, qui eut l’inspiration de fonder une communauté de religieuses hospitalières de St-Joseph, et quelques années plus tard, de fonder Ville-Marie. Maisonneuve et Jeanne Mance ont adhéré par la suite à son projet et ce sont eux qui l’ont mené à bien ici à Montréal. Dans ce sens, on peut les désigner comme fondateurs. Quant au «co», effectivement, on ne l’a jamais rencontré concernant Maisonneuve. Mais le fait de l’enlever pour Jeanne Mance est certainement un plus.
    Montréal est donc fondé par trois personnes, qui ont travaillé ensemble, à des niveaux différents. Pas banal!

  6. AMDG dit :

    Bonjour Mme Lacoursière,

    Je me réjouis de la suggestion que vous faites au sujet du statut de véritable fondateur de Jérome Le Royer. Vous rejoignez ainsi les rangs de nombreuses autres sources qui ont reconnu Jérôme Le Royer en tant qu’un des fondateurs de Montréal. Au moins deux de ces sources sont très visibles et très “publiques”.

    Un hommage aux fondateurs de la ville de Montréal, oeuvre de Pierre Gaboriau et Pierre Osterrath (1969) que l’on peut voir à la station de Métro Berri-UQUAM. C’est une peinture acrylique sur verre antique présentant entre autres les fondateurs de Montréal: Jérôme Le Royer de La Dauversière, Jeanne Mance et Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve.

    À la Place de La Dauversière, rue Notre-Dame Est, on trouve, en hommage à Jérôme Le Royer, un panneau rectangulaire en acier, oeuvre des Ateliers TAG, réalisé en 1999, et que la ville répertorie comme “Art public”, sur lequel on peut lire: “À la mémoire de Jérôme Le Royer de la Dauversière (France 1597-1659), fondateur de Montréal, qui eut l’inspiration d’établir cette ville, pourvut aux premières dépenses et engagea les colons…”.

    Est-ce que la ville de Montréal devrait maintenant songer à reconnaître officiellement Jérôme Le Royer comme un de ses fondateurs, comme elle vient de le faire pour Jeanne Mance?

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